Qu’elles sont les différences entre l’armagnac et le cognac ?

Qu’elles sont les différences entre l’armagnac et le cognac ?

L’Armagnac et le Cognac sont des eaux-de-vie d’origine française. Très célèbres dans le monde, ces deux spiritueux à base de raisin sont souvent confondus ou encore mal distingués. Vieillis en fût de chêne, ils détiennent une « appellation d’origine contrôlée » (AOC). Ce label permet d’identifier que leurs étapes de production et de transformation sont réalisées dans une même zone géographique et selon un savoir-faire reconnu. Histoires, zones d’appellation, techniques de distillation, cépage, arômes… focus sur les points de convergence et les différences entre l’Armagnac et le Cognac.

 

Les terroirs

Une distance d’environ 300 kilomètres sépare les terroirs de l’Armagnac des terroirs du Cognac. L’Armagnac est produit dans le Sud-Ouest de la France. Le Cognac, quant à lui, est un peu plus au nord de Bordeaux. Les terroirs de production signent la typicité respective de ces deux eaux-de-vie. Cette situation géographique offre déjà un aperçu des différences notables entre ces spiritueux au niveau du climat et du type de sol.

Le terroir de l’Armagnac

L’Armagnac s’inscrit dans les départements du Gers (dans presque sa totalité), une partie des Landes et Garonne. On distingue 3 crus pour l’Armagnac :

  • le Bas-Armagnac ou encore l’Armagnac noir est le terroir de la Grande Champagne de l’Armagnac. Il se compose de terrains argilo-siliceux, pauvres en calcaire et parfois acides,
  • le Haut-Armagnac ou Armagnac blanc, se caractérise par des sols calcaires (sauf pour la partie méridionale où l’on retrouve principalement les boulbènes argilo-siliceuses),
  • la Ténarvèze, terre de transition où la vigne se cultive sur un sol argilo-calcaire.

 

Le terroir du Cognac

En ce qui concerne le Cognac, il est produit sur la quasi-totalité des deux Charentes (Charente et Charente-Maritime) et s’étend jusqu’à la Dordogne et aux Deux-Sèvres. Les sols cognaçais sont moins riches en diversité. Ils sont principalement calcaires mais on distingue 6 crus pour le Cognac :

  • Grande Champagne, terres blanchâtres et sous-sol calcaire friable. Les eaux-de-vie de cette région se distinguent par leur bouquet à la fois fin et très long. Elles revendiquent l’appellation Grande Champagne ou encore Grande Fine Champagne.
  • Petite Champagne, cru entourant la Grande Champagne. Sols aux caractéristiques voisines à cette dernière amenant une très grande finesse. Les eaux-de-vie sont connues sous l’appellation Petite Champagne ou Petite Fine Champagne.
  • Borderies, cru situé plus au nord du fleuve Charente. Sous-sol décalcifié donnant aux eaux-de-vie un bouquet particulier de violette. Avec à peine 5% du vignoble de la région c’est le plus petit cru. Elles ont la particularité de vieillir plus rapidement que les autres eaux-de-vie.
  • Fins-Bois, cru le plus étendu de la région Cognac. Son sous-sol est composé de calcaire dur qui donne des eaux-de-vie charpentées, mais sans lourdeur qui vieillissent rapidement. Elles représentent près de 40% de la production régionale.
  • Bons-bois, sous-sol moins riche en calcaire, on y retrouve toutefois des eaux-de-vie remarquables même si elles n’égalent pas la finesse des crus précédents.
  • Bois-ordinaires, vins marqués par une influence maritime, les eaux-de-vie sont généralement de bonne qualité mais on s’éloigne du cœur du Cognac.

 

La commercialisation des deux spiritueux

L’Armagnac s’est développé sur une consommation locale. Le Cognac, lui, s’est destiné pour un modèle d’exportation, historiquement vers l’Angleterre et les Pays-Bas dans un premier temps puis au monde entier.

Certains historiens rapportent que l’Armagnac daterait du XIIIe. De par sa longue histoire (souvent confondue avec la Gascogne et d’Artagnan), cette eau-de-vie s’inscrit dans l’héritage historique et gastronomique de la France. Elle est très appréciée dans le monde, mais son exportation est 20 fois moins importante que celle du Cognac.

Le Cognac a été créé par des vignerons cognaçais qui souhaitaient exporter leur vins. Les pays de destination étaient la Hollande et l’Angleterre. L’idée était de distiller les vins afin de le conserver mieux et donc l’exporter sans l’altérer et est donc devenu un spiritueux. Durant le transport, l’eau-de-vie était ensuite vieillie en fût de chêne. Ce procédé à rapidement apporté notoriété au Cognac et lui a apporté un franc succès. En hollandais, cette distillation à pour nom « brandewijn », d’où découla par la suite l’appellation « brandy ». Le Cognac s’est destiné à un marché d’export en raison principalement de sa localisation proche de port de La Rochelle. Il connaît une croissance exponentielle grâce aux traités de commerce entre la France et l’Angleterre sous l’autorité de Napoléon III.

Distillation et vieillissement de l’Armagnac et du Cognac

La distillation de l’Armagnac se déroule pendant l’hiver, au plus tard le 31 mars de l’année qui suit la récolte. L’essentiel de ce spiritueux, environ 95%, est obtenu par un appareil de distillation spécifique que l’on nomme : l’alambic continu armagnacais (brevet déposé en 1818). Cet alambic participe grandement à la personnalité de l’Armagnac. Au fil du temps, la méthode de distillation a été adaptée, améliorée et modifiée par les distillateurs de la région. L’eau-de-vie qui sort de l’alambic est incolore. Elle présente un degré alcoolique allant de 52% à 72%. À ce stade, l’Armagnac propose déjà une grande richesse aromatique, et ce, même s’il est encore plein de fougue et de jeunesse. Sa complexité ainsi que sa douceur viennent avec le vieillissement sous bois.

Comme les autres brandy, le vin produit dans le Cognaçais se destinait à l’origine à une seule distillation. Le Cognac, tel que nous le connaissons aujourd’hui, est obtenu par une double distillation en double-chauffe. Cette technique de distillation, dite « à la charentaise », est nécessaire pour obtenir des spiritueux avec plus de finesse. La distillation est réalisée dans un alambic spécifique en cuivre. La deuxième distillation permet d’obtenir une eau-de-vie à l’apparence cristalline avec un taux d’alcool entre 68 à 72%. Cette dernière sera élevée en fût de chêne français. Elle gagnera doucement en saveur grâce au vieillissement, et deviendra avec le temps du Cognac. Les fûts de vieillissement du spiritueux, fabriquées conformément à un style traditionnel de la région, participent grandement à la saveur, mais aussi à la couleur du Cognac. Les eaux-de-vie sont ensuite assemblées afin de créer un Cognac harmonieux.

Les classifications de l’Armagnac et du Cognac

L’Armagnac et le Cognac partagent les mêmes types de catégories qui témoignent de leur nombre d’années de vieillissement :

  • mention « VS » pour « Very Special », vieillissement d’au moins 2 ans
  • mention « VSOP » pour « Very Superior Old Pale », vieillissement d’au moins 4 ans
  • mention « XO » pour « Extra Old », vieillissement d’au moins 10 ans

Bien que se soit plus rare, on peut parfois retrouver la notion de Millésime, eau-de-vie en provenance d’une seule récolte (année de référence).

Armagnac et Cognac, les différences de cépages

L’élaboration de l’Armagnac se fait à partir de plusieurs types de cépages. Le Cognac, lui, est issu principalement de l’Ugni Blanc. Ce cépage populaire est représenté à hauteur de :

  • 55% dans l’Armagnac
  • 97% dans le Cognac.

L’Armagnac utilise également :

  • de la Folle Blanche (2%)
  • du Colombard et de la Baco (35%).

Le pourcentage restant concerne des reliques de la multitude de cépages du Sud-Ouest.

Ce qu’il faut retenir

L’Armagnac et le Cognac incarnent aujourd’hui ce qu’il y a de plus noble dans les spiritueux français. L’un comme l’autre répond à des critères de production stricte. Ces critères expriment la qualité de travail et la recherche d’excellence des terroirs français.

Il est impossible de définir des critères absolus qui permettraient de savoir quelle eau-de-vie est la meilleure. Il serait inconvenant de dire que le Cognac surclasse l’Armagnac puisqu’il se vend mieux à l’étranger. C’est avant tout une question de préférence. Il appartient à chacun de faire son choix.

Chez Painturaud Frères, nous vous proposons des Cognacs issus exclusivement de notre exploitation familiale située dans le “cœur du Cognac”, à Segonzac, capitale du cru Grande Champagne.